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Prisioneros del Imperio

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Déclaration sur l’honneur de Gerardo Hernández Nordelo / 16 MARS 2011.
COUR DE DISTRICT DES ÉTATS-UNIS
DISTRICT SUD DE LA FLORIDE
CAS nº 10-21957-Civ-LENARD
Cas pénal nº 98-721-Cr-LENARD
______________________________
Gerardo Hernández, demandeur
contre
Les États-Unis, défendeur.
______________________________
Je soussigné, Gerardo Hernández, déclare sous peine de parjure, ce qui suit :
1. Je suis le demandeur susmentionné et je rédige cette déclaration sur l’honneur afin d’appuyer la motion présentée le 14 juin 2010, laquelle demande la proscription, le rejet ou la rectification du procès et du verdict 28 U.S.C. 2255.
2. Au procès, j’ai été représenté par Paul A. McKenna, avocat commis d’office par la cour qui exerce à Miami (Floride). Je ne le connaissais pas. Je ne peux me rappeler si M. McKenna et moi nous avons jamais abordé avant le procès la question d’un jugement à part.
3. Je me rappelle en tout cas qu’il ne m’a jamais expliqué que je pouvais bénéficier d’un procès à part au sujet du chef d’accusation III, en vertu duquel j’aurais le droit de témoigner en mon propre nom au sujet de l’accusation d’« association de malfaiteurs pour commettre un assassinat »,  sans préjudice des autres chefs d’accusation, et pour mes codéfendeurs. Si je l’avais su, j’aurais insisté pour exercer mon droit de témoigner en ma faveur au procès pour « association de malfaiteurs pour commettre un assassinat », afin de prouver combien étaient erronées les interprétations des preuves par le parquet et de faire connaître la vérité au jury.
4. M. McKenna ne m’a pas non plus expliqué que, dans le cadre d’un procès à part, je pourrais réclamer le témoignage d’un ou plusieurs de mes codéfendeurs sans qu’ils eussent à choisir entre s’incriminer eux-mêmes et refuser d’offrir une preuve pertinente à mon procès pour « association de malfaiteurs pour commettre un assassinat».
5. Ce que je n’avais pas compris, parce qu’on ne me l’avait expliqué à ce jour, c’est que, aux termes de la loi des États-Unis, j’aurais pu avoir demandé un procès à part au sujet du chef d’accusation  « association de malfaiteurs pour commettre un assassinat », afin de témoigner et de présenter des preuves pertinentes y afférentes. N’ayant pas eu d’expérience au sujet du système judiciaire des États-Unis, je n’étais pas conscient du fait qu’un procès à part m’aurait permis une présentation de ce genre. Si je l’avais su, j’aurais insisté pour que mon avocat fasse son possible pour garantir un procès à part au sujet de ce chef d’accusation. Si le chef d’accusation III avait été jugé à part, j’aurais témoigné pour établir mon innocence.
6. Si j’avais su que je pouvais bénéficier d’un procès à part au sujet du chef d’accusation III, j’aurais témoigné pour l’essentiel comme suit :
A. Avant les événements du 24 février 1996 et jusqu’à présent, je ne savais rien et je ne sais toujours rien au sujet d’un plan pour censément abattre un aéronef d’Hermanos al Rescate.
B. Aucun des actes que j’ai réalisés avant le 24 février 1996 ne visait à me faire participer à aucun prétendu plan, et je n’étais pas non plus conscient que certaines de mes actions contribueraient à celui-ci, si tant est qu’il existât.
C. Comme j’ignorais tout d’un prétendu plan visant à abattre aucun aéronef, encore moins ai-je tenté de contribuer à ou de m’informer d’aucun prétendu plan en vertu duquel un aéronef serait abattu dans l’espace aérien international ou sous la juridiction maritime et territoriale des États-Unis, comme le présume le chef d’accusation III.
D. Durant toutes mes vacances à Cuba, de début novembre 1995 au 26 janvier 1996, date de mon retour à Miami, je n’ai reçu aucune information d’aucune source au sujet d’un plan visant censément à abattre des aéronefs, ou d’aucune tentative de les menacer, de les avertir ou de les contrer militairement ; mais j’ai appris en revanche, moyennant des déclarations publiques du gouvernement cubain, que celui-ci ne tolérerait plus de violations de la souveraineté nationale par des aéronefs d’Hermanos al Rescate, comme celles qui avaient lieu du 9 au 13 janvier 1996.
E. J’aurais témoigné qu’aucune référence ou note – que j’aurais pu avoir fait dans le rapport budgétaire – selon laquelle j’avais reçu des fonds du « Quartier-général » ou de « MX » ne pouvait être lue, contrairement à ce qu’a suggéré le gouvernement, comme quoi j’avais participé à une réunion au centre de commandement.
F. J’aurais expliqué au jury que, étant un agent clandestin, il m’était strictement interdit d’entrer dans aucun établissement en rapport avec les services clandestins, car ceci aurait pu révéler mon vrai travail et mettre ma mission en danger. Cela est vrai, y compris à Cuba, où nous savions que les États-Unis disposaient d’agents du contre-renseignement.
G. J’aurais témoigné aussi que j’avais été informé d’un plan dit « Opération Venise » qui avait été conçu pour « neutraliser les actions contre-révolutionnaire d’Hermanos al Rescate », mis au point par la direction du renseignement début décembre 1995. (Cf. l’annexe B adjoint au Mémorandum 2255.) Ledit plan visait à « attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale » sur les activités d’Hermanos al Rescate, lesquelles violaient la souveraineté de Cuba et le droit international, en faisant rentrer à Cuba Germán (Roque) afin qu’il dénonçât publiquement Hermanos al Rescate.
H. J’ai reçu des instructions de travailler à son retour « fin février ou début mars 1996 ».
I. J’aurais expliqué qu’à aucun moment – ni durant mon séjour à Cuba, et ni avant ni après celui-ci – aucune mention n’a jamais été faite d’aucun plan visant à abattre des aéronefs d’Hermanos al Rescate à aucun endroit, et qu’il n’y a jamais eu aucune autre forme de communication qui m’eût permis de croire à l’existence d’un tel plan ou de le soupçonner.
Jamais personne n’a fait part à aucun moment d’aucune préoccupation au sujet des activités d’Hermanos al Rescate tant que celles-ci concernaient l’espace aérien international. En revanche, il y eut de l’inquiétude au sujet des déclarations publiques d’Hermanos al Rescate en vertu desquelles ceux-ci tenteraient de poursuivre leurs opérations au-dessus de l’espace aérien cubain, en violation de la souveraineté de Cuba.
J. Si j’avais eu l’occasion de témoigner, j’aurais expliqué au jury que, durant les mois que j’ai passés hors de Miami, mon travail a été fait par un autre agent, A-4 (que je ne connaissais que sous ce nom ou comme Miguel ; j’ignore sa véritable identité). Il s’est installé dans mon appartement de North Miami et je lui ai remis mon disque de décodage, lequel contenait un logiciel qui permettait à l’utilisateur de décoder les messages à destination ou en provenance de Cuba.
Chacun possédait un ordinateur portable. J’ai emporté le mien avec moi à mon retour à Cuba. Bien que ces ordinateurs portables ne pussent ni envoyer ni recevoir de messages, ils permettaient toutefois de traiter une série de chiffres qui avaient été reçus sur la haute fréquence radiophonique et de les convertir en un message cohérent, mais uniquement à l’aide d’une disquette contenant un logiciel de décodage. Il n’y avait qu’une disquette dans l’appartement, et je l’ai laissée à A-4 quand je suis parti en vacances.
K. Quand je suis rentré dans mon appartement de North Miami, fin janvier 1996, A-4 y est resté et il a continué d’utiliser la disquette de décodage. Il était mon supérieur, puisqu’il avait le grade de commandant, et moi celui de lieutenant. Durant plusieurs mois, et jusqu’à son départ, c’est lui qui a eu la disquette et qui a envoyé et reçu des messages. Les messages étaient envoyés dans un code commun à tous les deux, mais seul A-4 était en mesure durant toute cette étape de décoder les messages grâce à la disquette. Même si j’avais accès à cette disquette, c’est lui principalement qui la possédait. Ce n’est que début mars 1996 qu’A-4 a reçu l’ordre de me rendre le logiciel de décodage.
L. Je ne me rappelle pas avoir reçu aucun message en rapport avec l’Opération Scorpion. Si j’en avais eu l’occasion, j’aurais témoigné que je n’ai pas écrit ni expédié le message du 12 février 1996, étiqueté comme DG104 durant le procès et adressé à « Iselin » et qui l’avertit qu’aucun agent ne devait voler dans les aéronefs d’Hermanos al Rescate durant la semaine du 24 au 27 février 1996. Je ne me suis jamais adressé à cet agent sous ce nom-là, car je préférais utiliser son autre nom de code, « Castor », comme le prouvent de nombreux autres rapports réunis à titre de preuve. (Durant le procès, le gouvernement a argumenté que « Castor » était René González.) J’ignore pourquoi mon nom a été ajouté à ce document comme signataire. Parmi les centaines de rapports faisant partie des documents saisis, c’est bien le seul – autant que je me souvienne – à avoir été prétendument signé par deux agents.
M. J’aurais voulu dire au jury que, étant donné que je connaissais la longue histoire de provocation d’Hermanos al Rescate et la façon dont les autorités cubaines y avaient répondu à ce jour, l’idée d’une confrontation délibérée hors de l’espace aérien et territorial de Cuba était tout simplement inimaginable pour moi, en partie parce que je connaissais les efforts qu’elles avaient consentis pour éviter toute action qui eût provoqué une riposte militaire des États-Unis et ses terribles conséquences. L’idée que Cuba ait conçu un plan pour contrer des avions en eaux internationales a été pour moi – et le reste – absurde et irrationnelle.
N. J’aurais expliqué qu’il n’existait aucune base rationnelle pour croire que Roque ou Castor avait la possibilité de voler avec Hermanos al Rescate ce week-end-là. Roque n’aurait pas pu voler avec Hermanos al Rescate ce week-end-là parce qu’il était alors en train de rentrer à Cuba ; et Castor n’avait pas volé avec Hermanos al Rescate pendant plus d’un an ; et moi, je n’avais aucun rapport comme pilote avec Hermanos al Rescate.
O. En l’occurrence, j’aurais informé le jury de faits qui auraient contredit l’argument du ministère public selon lequel j’aurais averti La Havane qu’aucun agent ne volerait, ce qui a permis d’abattre l’avion. Au cours d’un procès à part pour le chef d’accusation III, j’aurais témoigné que je n’ai jamais écrit ou communiqué sous quelque autre forme que Roque et Castro ne voleraient pas ce week-end-là, ou qu’ils avaient été avertis de ne pas le faire.
P. L’Opération  Venise a constitué un effort important de la part de la Direction du renseignement pour dénoncer l’organisation Hermanos al Rescate, aux échelles tant locale qu’internationale, pour ses violations illégales de la souveraineté cubaine, afin de mettre un terme à ses violations continuelles de l’espace aérien cubain. Si j’avais eu l’occasion de témoigner, j’aurais expliqué que ce projet impliquait bien plus que le simple retour d’un agent (Roque) à Cuba, contrairement à la façon dont elle a été décrite au procès.
Ma désignation pour que je travaille à son départ de Miami a été compliquée. Roque était un pilote cubain d’avions MIG qui avait déserté de Cuba aux États-Unis où il avait été aussitôt acclamé comme un héros à Miami. La Fondation nationale cubano-américaine avait publié et distribué largement un livre qu’il avait écrit sur ses exploits. Les groupes et organisations de la communauté de Miami le réclamaient avec assiduité comme orateur.
C’était donc une figure publique. C’était aussi un homme marié dont la disparition aurait été signalée aussitôt. Qui plus est, nous soupçonnions qu’il pouvait déjà être suivi par le contre-renseignement. Travailler avec lui, me réunir avec lui et faire les préparatifs nécessaires à son retour à Cuba nous exposait, moi et les autres, à être repérés. Le faire sortir de Miami et le faire rentrer à Cuba a demandé de gros efforts, si bien que j’ai dû concentrer au maximum mon attention et mes ressources sur son départ et son retour à Cuba à travers un pays tiers. J’avais aussi reçu au dernier moment des instructions risquées, comme celle de le filmer avec une caméra vidéo quand il sortait des bureaux de la FNCA à Miami.
Q. Le retour de Roque à Cuba et la conférence de presse qu’il a offerte a donné des résultats importants. Il a révélé en public les noms et les numéros de téléphone des agents du FBI avec lesquels il s’était réuni, ainsi que des photos et d’autres documents qui prouvaient qu’il avait été profondément impliqué dans les organisations civiles de Miami et dans sa communauté. Mais le plus important ont été ses révélations sur la nature criminelle d’Hermanos al Rescate et sur ses plans de réaliser des actions terroristes contre le peuple cubain. Ces révélations ont bien entendu été éclipsées par les faits tragiques du 24 février.
AA. Les messages sur haute fréquence interceptés et présentés au procès ont révélé que j’avais reçu une reconnaissance et une mention spéciale du quartier général pour mon travail dans l’Opération Venise, laquelle a été considérée comme un succès et a attiré l’attention spéciale du commandant-en-chef qui s’est réuni deux fois avec Roque. En aucun moment, cette reconnaissance ne m’a été décernée pour l’Opération Scorpion.
BB. Durant le procès, le gouvernement a contesté ma réponse à la recommandation que j’avais reçue et a interprété ce que j’avais dit, à savoir que notre travail avait « conclu avec succès », en rapport avec le crash des avions,  et non avec l’Opération Venise. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Comme je l’ai déjà dit, il est tout à fait clair, à partir de la rédaction et du contexte concret, que la reconnaissance à mon travail concerne l’Opération Venise.
CC. J’aurais aussi voulu témoigner pour rectifier l’interprétation erronée qu’on a faite du langage utilisé dans cette mention, laquelle parle de mon travail pour contrer « les provocations qu’a réalisées le gouvernement des États-Unis le 24 février dernier », comme s’il s’agissait d’une référence au prétendu plan de crash des avions d’Hermanos al Rescate. En fait, il s’agit d’une référence aux efforts que j’avais consentis – après le crash – pour déterminer ce jour-là et les jours suivants si les appels publics à Miami à attaquer Cuba et les déclarations publiques provocatrices de certains membres de l’administration étasunienne constituaient des indices d’une menace réelle contre mon pays.
DD. Aussitôt après les événements du 24 février, j’ai travaillé plusieurs jours, pratiquement sans dormir, à collecter des informations, à regarder la TV, à écouter la radio et à lire de nombreux journaux. Heureusement, les États-Unis n’ont pas riposté sur le plan militaire. Toujours est-il qu’on a reconnu mon travail pour contribuer à déterminer si une situation potentiellement dangereuse était en train de se développer.
EE. Finalement, le gouvernement a dénaturé les raisons de ma promotion au grade de capitaine, le 6 juin 1996, y voyant une reconnaissance de ma participation au crash des avions. Si j’avais pu témoigner, j’aurais expliqué que j’avais été lieutenant pendant quatre ans et que ma promotion est survenue à l’anniversaire du ministère de l’Intérieur, aux côtés d’autres lieutenants ayant servi sans commettre de fautes, dont Nilo Hernández, un coaccusé qui n’avait rien eu à voir avec l’Opération Scorpion mais qui avait servi avec ce grade pendant quatre ans. C’est là le temps de service nécessaire à Cuba pour une promotion et ce nouveau grade m’a été accordé uniquement sur cette base-là.
Je reconnais que témoigner au procès aurait impliqué que je me soumette à un contre-interrogatoire. Compte tenu de mon innocence par rapport au chef d’accusation III, j’aurais absolument été prêt à faire face à un procès à part au sujet de cette accusation.
Je suis arrivé en Floride pour prêter service à mon pays, désarmé, pour contribuer à faire cesser la violence contre mon peuple et, donc, pour sauver des vies. Je n’aurais jamais pu imaginer, compte tenu de ma réalité, que je serais accusé un jour d’ « association de malfaiteurs pour commettre un assassinat ». J’espère que le présent document contribuera aux efforts de la cour pour découvrir la vérité et restaurer la justice.

Gerardo Hernández
A prêté serment et signé par-devant moi,
le 16 mars 2011
(Cubaminrex)


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