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INTERVENTION DE RAMIRO VALDÉS MENÉNDEZ,
COMANDANTE DE LA REVOLUCIÓN ET MINISTRE DE L’INFORMATIQUE ET DES COMMUNICATIONS DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA,À LA TABLE RONDE DE HAUT NIVEAU:« POLITIQUES NATIONALES, LES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA SOUVERAINETÉ », DANS LE CADRE DE LA TREIZIÈME CONFÉRENCE ET FOIRE INFORMATIQUE 2009
le 11 février 2009

Cher Monsieur Hamadoun Touré, secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications ;
Dirigeants d’organisations internationales ;
Ministres et hauts fonctionnaires de l’informatique et des communications ;
Scientifiques, spécialistes et hommes d’affaires ;
Ambassadeurs et membres du corps diplomatique ;
Compañeras et compañeros,

Informatique 2009 nous invite à réfléchir sur l’importance des technologies de l’information et des communications (TIC) dans le développement et la souveraineté de nos peuples, ce qui implique un développement soutenu et durable dans ce domaine.

Des changements draconiens sont intervenus dans le monde depuis Informatique 2007. Le monde traverse une étape de crise économique qui s’aggrave et dont il est impossible de sonder la profondeur, ni de prévoir l’ampleur et la durée. Tout ce que nous savons, c’est qu’elle s’est engendrée aux États-Unis pratiquement depuis que nous nous sommes réunis la fois antérieure à cause de l’avarice, de la convoitise et de la malhonnêteté des cavaliers apocalyptiques de l’industrie financière basés à Wall Street et de l’indifférence criminelle des dirigeants de ce pays, plus soucieux de défendre les conceptions idéologique du libre-échange que de protéger le bien-être et les moyens d’existence de leurs travailleurs et citoyens.

Les effets de la crise commencent à se faire sentir dans toutes les régions du monde. L’on prend conscience que la situation est comparable à celle de la Grande Dépression qui s’est abattue sur le monde dans les années 30 du siècle dernier.

Et, dans un cas comme dans l’autre, elle est née dans les sociétés bancaires de Wall Street. Les chômeurs se comptent déjà par dizaines de millions ; des millions de familles ont perdu ou courent le risque de perdre leurs logements, tandis que les cavaliers de l’industrie de Wall Street empochent sans vergogne des milliards de dollars à titre de boni pour le travail réalisé.

Si l’Histoire apprend quelque chose, c’est que les conséquences négatives de cette situation retomberont sur le dos des travailleurs des pays capitalistes développés et sur des peuples du Tiers-monde.

Ajoutez à cela les retombées négatives des guerres punitives menées par le maître de l’Empire précédent contre ce qu’il avait qualifié de « sombres recoins du monde » afin de « changer des régimes » qui n’étaient pas de son goût ou de poursuivre des terroristes fantômes, ces guerres toujours en cours se traduisant concrètement par la mort de dizaines et de dizaines de milliers de civils innocents – enfants, femmes et hommes – qui ont le malheur de « se trouver au mauvais endroit au mauvais moment » quand il s’agit de traquer tel ou tel terroriste, sans parler de la destruction massive de biens matériels et de leur conséquence – faim, misère et souffrance – sur la population et sur le développement futur de ces pays.

Ces faits sont un appel vibrant à redoubler d’effort pour faire en sorte que les technologies de l’information et des communications jouent leur rôle dans le développement matériel et spirituel et dans la sécurité et l’exercice réel de la souveraineté de nos peuples.

La Conférence qui nous réunit ici intervient alors que la réalisation de ces objectifs devient une tâche urgente qui réclame le travail commun, l’union des volontés et des capacités, la concertation de projets, bref, la pleine intégration de nos initiatives, de nos ressources matérielles, et de politiques visant à garantir le plein développement de nos nations.

L’appel lancé par José Martí voilà plus d’un siècle n’est plus prophétique, mais absolument d’actualité : « Les arbres doivent se mettre en rang pour que le géant aux sept lieues ne passe pas ! »

Et pour atteindre ces objectifs, nous devons absolument nous approprier et maîtriser les technologies, garantir la sécurité et l’invulnérabilité de nos réseaux de communications, employer les technologies, les normes et les programmes informatique à code ouvert; mener un travail soutenu dans la gestion de la connaissance et dans la mise en valeur du capital humain, ce qui nous permettra de pousser plus loin la recherche-développement et la mise au point d’innovations scientifiques et techniques nôtres.

Ces actions doivent s’inscrire dans la consolidation d’alliances stratégiques internationales avec les pays, les institutions et les entreprises qui s’orientent dans ce sens.

Pour les pays latino-américains et caribéens, l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) constitue d’ores et déjà un exemple concret d’intégration réelle et efficace de peuples ayant des origines et des destinées communes et une tâche historique à réaliser afin d’atteindre la pleine et véritable indépendance qui leur permettra de mettre en valeur leurs richesses humaines et matérielles et de parler d’une seule voix à eux dans le concert des nations, comme en rêvèrent Bolívar et Martí.

Le ministère de l’Informatique et des Télécommunications, organe de tutelle dans ce domaine, a mis au point une Stratégie de développement pour le quinquennat 2007-2012. Il présente à cette Conférence vingt-trois projets cubains qui constitue un échantillon des avancées de notre pays durant cette période.

Pour atteindre ces résultats, nous avons une norme incontournable : l’infrastructure des télécommunications cubaine doit évoluer sur le plan technologique pour garantir une meilleure stabilité et une meilleure sécurité aux réseaux, accroître les services et améliorer systématiquement leur qualité et leur diversité.
Face à cet avenir et à la recherche de nouvelles technologies, nous serons toujours en état d’alerte pour barrer la route au loup de la consommation déguisé sous la peau de l’agneau des nouvelles technologies et pour l’expulser de nos actions afin de pouvoir écarter celles dont le seul résultats serait le gaspillage de nos ressources et un assujettissement qui entraverait le développement du pays et limiterait sa souveraineté.

Bref, la souveraineté technologique que nous prônons implique que nous nous approprions et maîtrisions les technologies ; que nous travaillions à la sécurité et à l’invulnérabilité des réseaux de télécommunications ; que nous utilisions des technologies ouvertes et de programmes standard et des logiciels à code ouvert ; que nous recourions à nos propres capacités pour promouvoir la recherche-développement et l’innovation ; que nous approfondissions nos connaissance et que nous formions toujours mieux des scientifiques et des techniciens dans nos universités, nos IUT et nos autres centres de formation comme les Clubs de jeunes en informatique, et que nous nouions des alliances stratégiques qui nous permettent d’accéder aux technologies et aux connaissances d’une manière intégrale, dans le respect d’autrui et en vue d’avantages réciproques.

Nous travaillons à cet égard à la mise en place d’un câble sous-marin de fibre optique Venezuela-Jamaïque-Cuba, ce projet devant nous permettre, à partir de deux premiers pays, une connexion au reste du monde à travers d’autres systèmes de câbles. Ce sera là un maillon clef de l’infrastructure des télécommunications internationales cubaines en matière de trafic de voix, de données et d’images, ce qui nous permettra de rompre définitivement avec notre dépendance actuelle envers le seul système de transfert satellitaire à quoi nous contraint le blocus économique, commercial et financier que nous impose l’administration étasunienne depuis presque un demi-siècle et qui va jusqu’à tenter d’interdire ou d’entraver les capacités de communication de Cuba avec le reste du monde.

Une fois opérationnelle, cette liaison par câble optique améliorera sensiblement la qualité des services par l’introduction d’avancées technologiques en matière de transmission et de multiplexage de chaînes et la diminution des coûts à mesure que le trafic s’accroîtra par cette voie. Elle renforcera la stabilité et la sécurité de nos communications, ainsi que notre souveraineté et notre indépendance nationales. Nous venons très récemment de décider de nouvelles liaisons satellitaires avec la Russie.

Ces actions permettront à Cuba d’élargir les services d’accès à l’Internet, tout en maintenant le principe de donner la priorité à l’utilisation sociale de cet instrument, sans tomber dans des modèles de consommation non bénéfiques aux citoyens.

Le pays projette – et avance dans ce sens – de recourir à des plateformes et des normes ouvertes, d’abord au sein de l’administration centrale de l’État puis dans l’industrie électronique.

Il travaille aussi à perfectionner l’informatisation de la société en vue, entre autres objectifs, d’accélérer les démarches administratives des citoyens.

Il œuvre à cet égard pour le développement du commerce électronique.

En ce qui concerne la croissance et le développement technologiques des réseaux à accès fixes et sans fil, nous nous efforçons d’améliorer la qualité, la quantité et la diversité de nos services. Pour le sans-fil, nous analysons les meilleurs choix techniques pour installer dans le pays la technologie de troisième génération et passer les contrats pertinents.

Le ministère de l’Informatique et des Communications n’est pas le seul organe cubain à étudier et à appliquer les concepts ayant à voir avec la gestion de la connaissance ; d’autres organismes gouvernementaux, institutions de recherche et centres d’études de différents niveaux le font aussi. Maîtriser la production de technologie de pointe constitue à Cuba une tâche urgente compte tenu de l’échelle de son économie et de son importance future dans nos exportations.

Notre société socialiste facilite dans une grande mesure l’atteinte de cet objectif, mais il existe bien des questions pratiques à régler, ce qui exige, entre autres, des études concernant les solutions à apporter en matière de technologies et d’organisation de la production.

Le système de propriété intellectuelle actuel repose essentiellement sur l’enregistrement de marques commerciales qui vise en premier lieu à protéger les investissements des grosses transnationales. Or, il faut savoir que la création scientifique se fonde sur l’apport culturel, scientifique et technique accumulé au fil des siècles et qu’elle est donc, non le patrimoine privé de quelques-uns, mais le patrimoine général de l’humanité. Un produit, ou une invention, ou une découverte scientifique comporte très souvent de nombreux pans de connaissance qui peuvent avoir été enregistrés comme propriété intellectuelle exclusive, ce qui provoque des transactions coûteuses et des négociations prolongées et entrave sa contribution au développement économique et au bien-être social de l’humanité.

Les effets des changements climatiques mondiaux, en particulier du réchauffement global provoqué par les émissions de combustibles fossiles, et les phénomènes météorologique toujours plus graves posent à leur tour des problèmes aux technologies de l’information et des communications à Cuba. Intervenant voilà maintenant plus de quinze ans, le 12 juin 1992, à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, Fidel Castro avait mis en garde au sujet des risques de disparition de la vie sur notre planète : « Il faut signaler que les sociétés de consommation sont les responsables fondamentales de l’abominable destruction de l’environnement. […] Elles ont… saturé l’atmosphère de gaz qui altèrent les conditions climatiques et ont des effets catastrophiques dont nous commençons à souffrir. »

Cette mise en garde est aujourd’hui une dure réalité. Les effets du réchauffement global se traduisent par des sécheresses prolongées, de sévères inondations, de puissants cyclones qui provoquent de lourdes pertes humaines et matérielles.

Le ministère cubain de l’Informatique et des Communications fait partie de la Défense civile, renforçant les services de transmission des informations en vue de perfectionner le système et garantir une direction permanente tout au long du cycle : réduction des risques de catastrophes, alerte rapide et orientation opportune à la population. Il travaille à réduire la vulnérabilité des services et à les élargir par le recours aux communications mobiles, satellitaires et de transmission de voix, de données et d’images. La triple frappe cyclonique de 2008 (Gustav, Ike et Paloma) a servi d’expérience pratique pour tester l’efficacité de la participation de notre ministère à ces tâches.

Nous tenons à cette occasion à remercier, au nom du peuple et du gouvernement cubains, les pays et les gouvernements du monde entier qui nous ont apporté une aide solidaire, désintéressée et vraiment humanitaire pour réparer les lourds dommages causés par ces phénomènes météorologiques et relever le pays.

Les productions dans le domaine des TIC se développent impétueusement. Il faut maintenir une surveillance constante et active sur l’évolution de ce secteur dont les frontières ne cessent de reculer, celles-ci étant de nos jours la nanotechnologie et la mécatronique. À Cuba, nous suivons de près les avancées mondiales dans les différentes branches des TIC, cette mission étant confiée au Centre d’études de pointe qui, fort d’une approche responsable, étudie et surveille leurs dangers potentiels, surtout en nanotechnologie.

Nous devons aussi défendre notre souveraineté et notre indépendance d’un autre danger : les visées de l’Empire étasunien de – s’il faut en croire Zbignew Brzezinski qui, ne l’oublions, a été un proche conseiller de politique étrangère de Barack Obama durant sa campagne électorale – promouvoir la domination culturelle en s’assurant « l’hégémonie sur les communications mondiales, les loisirs populaires et la culture de masse ».

Cette approche apparaît dans la Doctrine conjointe des opérations d’information du département de la Défense des États-Unis, de 2006, selon laquelle les forces armées de ce pays doivent maintenir « leur supériorité en matière d’information… afin d’influencer, d’interrompre, de dénaturer ou d’usurper les décisions des adversaires humains et automatiques et de protéger les nôtres ».

Aussi, à mesure que les technologies de l’information et des communications joueront un rôle de plus en plus important dans la vie économique et sociale des pays, faudra-t-il prêter une attention accrue à la sécurité des communications informatiques.

Les menaces dans le cyberespace sont toujours plus perfectionnées, depuis les spams jusqu’aux programmes malins qui réalisent des vols d’identité et d’argent, jusqu’aux attaques coordonnées à grande échelle qui utilisent le réseau pour détruire la réputation commerciale d’une société ou invalider l’infrastructure essentielle d’un Etat. Aucun pays n’est à l’abri : les criminels de la cybertoile attaquent quand ils veulent et sans laisser de traces.
Aussi faut-il combattre ce genre de menace d’une manière concertée à l’échelle globale, par des mécanismes multilatéraux auxquels tous les pays, grands et petits, riches et pauvres, plus développés ou moins développés technologiquement, puissent participer sur un pied d’égalité.

Il est bon de rappeler à cet égard qu’au Sommet mondial sur la société de l’information, les chefs d’État et de gouvernement avaient reconnu cette menace et chargé l’UIT de mettre en œuvre la Grande orientation C5 : « Établir la confiance et la sécurité dans l'utilisation des TIC ».

Par ailleurs, l’UIT a lancé d’autres initiatives comme le « Programme mondial cybersécurité (GCA) » et l’ « Initiative sur la Protection des enfants en ligne (COP) ».
Nous soutenons ces initiatives de l’UIT et leur offrons notre collaboration.

Je suis convaincu que les échanges d’idées et d’expériences qui ont lieu à Informatique 2009 favoriseront l’essor des technologies de l’information et des communications et que nous surmonterons les obstacles et les difficultés pour toujours mieux défendre notre souveraineté et notre indépendance.

Je vous souhaite de nouveau la bienvenue sur notre terre. Je vous remercie de votre participation active à cette conférence. Nous nous sommes efforcés de vous offrir l’hospitalité que vous méritez en tout honneur, car nous y voyons une contribution au succès de vos travaux.

Je vous remercie.



 


 

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